En bref
- Votre contrat de prestation logistique doit encadrer les données clients si le préparateur les traite pour votre compte : prévoyez 3 volets, les instructions, les accès et la fin de prestation. Le prix par colis ne couvre pas à lui seul ces questions.
- Une adresse sur une étiquette et un fichier de commandes contiennent des données personnelles, même pour une petite boutique.
- Qualifiez le rôle de chaque intervenant selon son activité réelle ; le préparateur, la plateforme et le transporteur ne sont pas automatiquement dans la même situation.
- Testez aussi le retrait des accès et le traitement des copies avant de transmettre tout votre historique.
- AirPost est un réseau de fulfilment peer-to-peer : les boutiques en ligne font emballer leurs commandes et déposer en point relais par des particuliers vérifiés proches de leurs clients, rémunérés par colis depuis chez eux. Pas d'entrepôt, pas de volume minimum de commandes.
Vous avez discuté du carton, du dépôt et de la rémunération. Puis vous envoyez un export de commandes avec noms, adresses et notes clients. Ce fichier ouvre une autre question : qui peut l’utiliser, pour quelle tâche, et que devient-il quand vous changez de personne ? Une boutique française ou belge qui externalise reste concernée par la circulation de ces informations. Le guide ci-dessous propose une grille de préparation de votre accord, pas un contrat prêt à signer. Partez du parcours réel des données plutôt que d’une annexe copiée sans vérifier son contenu.
Le préparateur est-il forcément votre sous-traitant RGPD ?
La CNIL explique la qualification des rôles : le responsable détermine les finalités et les moyens essentiels ; le sous-traitant intervient pour son compte. Si vous transmettez des adresses uniquement pour préparer vos commandes selon vos instructions, examinez cette qualification. Elle résulte des faits, pas du titre commercial choisi. Le même fournisseur peut avoir des rôles différents pour des traitements distincts. Écrivez donc ce que chacun fait avec les données avant de choisir la clause correspondante.
Distinguez votre boutique, la personne qui emballe, l’outil de commande et le transporteur. Demandez à chaque intervenant quels traitements il réalise et à quel titre. Un service peut gérer certaines données pour ses propres obligations ; cela ne transforme pas toutes les opérations en une unique sous-traitance. Pour une relation AirPost, la page externaliser vos expéditions présente la préparation et le dépôt par des particuliers. Cette présentation commerciale ne dispense pas d’examiner vos flux de données et vos accords avec les acteurs concernés.
Quelles informations sont réellement nécessaires au colis ?
Dessinez une commande ordinaire : référence, quantité, variante, numéro de commande, destination et instruction de remise. Ensuite, regardez ce que contient votre export. L’historique des achats, la date de naissance, les commentaires commerciaux et la liste des clients inactifs ne servent généralement pas à choisir un produit sur une étagère. Notre recommandation pratique est de créer une vue dédiée à la préparation. Elle évite que le préparateur cherche la bonne instruction au milieu d’informations sans rapport avec le colis.
| Information | Besoin à vérifier | Décision à documenter |
|---|---|---|
| Référence et variante | Reconnaître le produit exact | Transmettre avec la quantité et le numéro de commande |
| Adresse du destinataire | Étiqueter et expédier | Limiter la visibilité aux personnes chargées de cette tâche |
| Téléphone ou courriel | Exigence du service de livraison | Vérifier le champ requis plutôt que tout exporter |
| Note libre du client | Instruction opérationnelle utile | Filtrer les informations étrangères à la préparation |
| Historique complet du compte | Aucun besoin présumé pour ce colis | Ne pas inclure dans la vue de préparation par défaut |
Prenez une commande test et demandez au préparateur de vous montrer les champs qu’il utilise. Vérifiez aussi les impressions : un bon de livraison et une étiquette peuvent exposer des informations différentes. Un champ masqué dans le logiciel peut encore apparaître sur le papier. Prévoyez une consigne pour les étiquettes ratées et les documents sortis avec la mauvaise adresse. La vérification porte sur ce qui est effectivement visible et conservé, pas seulement sur la description de l’écran.
Que doit contenir l’annexe de traitement ?
Les exemples de clauses de la CNIL demandent de préciser les opérations, finalités, catégories de données et personnes concernées. Ils prévoient des instructions documentées et la confidentialité des personnes autorisées. La CNIL précise que ces exemples ne constituent pas, seuls, un contrat complet. Pour votre boutique, décrivez concrètement réception de commandes, impression, préparation et transmission des informations utiles au transport. Évitez une finalité aussi vague que gestion des clients si la mission s’arrête à l’expédition.
Ajoutez vos instructions opérationnelles dans un document identifiable : version, date, contact qui peut les modifier. Dites comment traiter un changement d’adresse reçu après l’impression, une commande annulée et une étiquette remplacée. L’objectif est qu’une personne sache quelle instruction prévaut. Si vous modifiez la consigne dans plusieurs messages contradictoires, une annexe très détaillée ne résout pas le problème. Gardez une liste des exceptions et indiquez qui décide lorsque les données de commande semblent incohérentes.
Définissez également les accès adaptés à la mission : compte nominatif lorsque votre outil le permet, fonctions accessibles et responsable du retrait. Ce sont des mesures pratiques à discuter selon vos systèmes. Il n’est pas nécessaire de donner l’accès administrateur à la boutique pour imprimer une commande. Si un export reste indispensable, décidez où il est transmis et comment sa version est reconnue. Évitez les copies concurrentes dont personne ne sait laquelle contient l’adresse corrigée.
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Inscrivez-vous gratuitementQue se passe-t-il si une autre personne prépare les commandes ?
La sous-traitance ultérieure ne se règle pas par une formule comme notre équipe vous aide. Le modèle CNIL distingue autorisation générale et autorisation spécifique ; dans le premier cas, les changements doivent être annoncés avec possibilité d’objection selon les conditions convenues. Dans le second, une nouvelle intervention nécessite l’autorisation préalable prévue. Demandez qui peut réellement voir les commandes. Le remplacement du préparateur et le partage d’un accès sont deux événements à traiter, même lorsque le stock reste au même endroit.
Préparez le cas d’une absence : personne de remplacement identifiée, consignes reçues, accès approprié et durée de l’intervention. Refusez les procédures qui reposent sur le partage informel du mot de passe principal. Si la collaboration utilise un outil tiers pour ranger les fichiers, ajoutez-le à votre cartographie et demandez les garanties pertinentes. Ne supposez pas qu’une adresse locale signifie que toutes les copies numériques restent dans le même pays. Vérifiez ce point auprès de l’intervenant qui choisit l’outil.
Quel délai prévoir si un fichier client est envoyé à la mauvaise personne ?
La page CNIL sur les violations décrit une notification à l’autorité, lorsque requise, si possible dans les 72 heures après constatation. Un dépassement doit être expliqué et une notification peut être complétée. Ce délai ne signifie pas que le préparateur dispose de trois jours pour vous avertir. Prévoyez une remontée rapide à votre contact afin de pouvoir évaluer le risque et accomplir vos obligations. Toute violation ne déclenche pas automatiquement la même notification.
Faites un exercice simple : une liste de destinataires a été jointe au mauvais message. Qui vous contacte, avec quel numéro, et quelles informations fournit-il ? Demandez le fichier concerné, les destinataires possibles, le moment découvert et les premières mesures prises. Gardez les éléments nécessaires à l’analyse. Ne demandez pas de supprimer toutes les traces avant de comprendre l’incident. Votre procédure doit permettre de limiter l’exposition tout en conservant une description exploitable de ce qui s’est passé.
Comment tester cette organisation sans confier toutes vos commandes ?
Commencez par un périmètre limité et des consignes complètes. Les constantes AirPost consultées le 12 octobre 2026 donnent 0,85 € de plateforme par envoi et 2,25 € de rémunération recommandée pour un petit colis. Pour un scénario de 6 colis, ces deux composantes représentent 18,60 €. Il faut encore ajouter les étiquettes, les emballages et l’acheminement initial du stock ; la rémunération réelle est celle convenue avec l’expéditeur. Ce scénario n’est pas un volume observé ni un prix de conformité RGPD.
Le test doit contenir une correction d’adresse avant dépôt et une annulation avant préparation. Vérifiez quelle copie est utilisée et qui reçoit l’information. Puis retirez l’accès test et contrôlez que la personne ne peut plus consulter de nouvelles commandes. Vous évaluez ainsi deux sujets différents : le budget des colis et la maîtrise du parcours des données. Pour définir les étapes physiques, appuyez-vous sur la première commande sans entrepôt, puis ajoutez les contrôles numériques propres à votre outil.
Que récupérer à la fin de la collaboration ?
Le modèle de la CNIL prévoit le sort des données à la fin du service : retour ou destruction selon le choix retenu, traitement des copies et justification écrite. Adaptez cette clause aux obligations légales de conservation applicables. Pour votre procédure, listez commandes en cours, étiquettes imprimées, exports locaux et accès actifs. Un stock rendu ne prouve pas que les fichiers ont disparu. Demandez un relevé des opérations encore ouvertes avant la fermeture, afin de ne pas perdre les informations nécessaires aux clients.
Questions fréquentes
Un contrat de prestation logistique doit-il mentionner le RGPD ?
Si le prestataire traite des données personnelles pour votre compte, le traitement doit être encadré selon le rôle retenu. Décrivez la mission et les flux réels avant de choisir les clauses. Une simple ligne sur le tarif ne suffit pas.
Puis-je envoyer mon fichier clients complet au préparateur ?
Commencez par les informations utiles à la commande. Vérifiez chaque champ supplémentaire, les impressions et les copies. Une vue limitée à la préparation est une organisation plus facile à contrôler qu’un historique complet.
Le délai de 72 heures vaut-il pour mon expéditeur ?
Le délai cité concerne la notification à l’autorité lorsque celle-ci est requise. Votre procédure avec l’expéditeur doit vous laisser le temps d’évaluer l’incident : convenez d’une alerte rapide, sans attendre ce délai.
Les clauses CNIL forment-elles un contrat logistique complet ?
Non. La CNIL le précise. Elles concernent le traitement des données et doivent être adaptées. Stock, responsabilités, prix, préparation et fin de collaboration nécessitent aussi leurs propres conditions.
Que faire des données quand je change de préparateur ?
Traitez les accès, les fichiers et les impressions séparément du retour du stock. Appliquez le sort convenu des données et les obligations de conservation, puis gardez une confirmation exploitable des opérations effectuées.
Sources
- CNIL : qualifier responsable et sous-traitant ; consulté le 12 octobre 2026
- CNIL : exemples de clauses, instructions, intervenants et fin de prestation
- CNIL : procédure de notification des violations et délai de 72 heures
- AirPost : modèle de préparation et frais ; constantes consultées le 12 octobre 2026
Définissez une commande test, ses informations utiles et la personne qui peut modifier l’adresse. Inscrivez votre boutique pour discuter de ce périmètre avec un expéditeur avant d’envoyer votre stock.
Préparer une collaboration test