En bref
- Une vente expédiée de France aux États-Unis peut être exonérée de TVA française selon l’article 262 I du CGI, si vous justifiez la sortie des biens de l’Union européenne. Constituez 1 dossier reliant facture, marchandises et preuve d’exportation ; une adresse américaine ne suffit pas.
- Les droits américains et l’exonération française répondent à des règles différentes : payer les premiers ne remplace pas la preuve de sortie.
- Si un tiers prépare ou déclare l’envoi, convenez avant le départ de la manière dont vous récupérerez les justificatifs.
- AirPost est un réseau de fulfilment peer-to-peer : les boutiques en ligne font emballer leurs commandes et déposer en point relais par des particuliers vérifiés proches de leurs clients, rémunérés par colis depuis chez eux. Pas d'entrepôt, pas de volume minimum de commandes.
Votre logiciel peut reconnaître une adresse américaine et retirer la TVA du panier. Il ne peut pas, à cet instant, prouver que le colis a quitté l’Union européenne. Entre la facture et l’exportation réelle, une commande peut être divisée, annulée ou bloquée. Pour une boutique française, la tâche est de conserver un dossier qui explique ce qui a effectivement été vendu et expédié, plutôt qu’un simple réglage de destination dans le checkout.
L’exonération dépend-elle du client ou du trajet réel des biens ?
La DGFiP sur les achats et ventes de biens précise que l’exportation peut être exonérée que le client soit assujetti ou non, à condition d’en apporter la preuve. Une boutique qui vend à un particulier américain n’a donc pas à chercher un numéro de TVA européen pour transformer la vente en exportation. Elle doit vérifier le mouvement physique et les justificatifs correspondant à la livraison.
Distinguez une commande qui part de France vers le client américain et une commande livrée depuis un stock déjà présent aux États-Unis. Dans le second cas, le départ d’un lot antérieur et la vente locale ne sont pas le même événement. Conservez deux dossiers liés : le mouvement du stock et la commande servie depuis ce stock. Faites déterminer le traitement fiscal de cette organisation avant de remplacer toutes vos factures par un modèle identique.
La présentation internationale de la TVA par la DGFiP distingue opérations taxables localisées en France et exportations exonérées. Utilisez ce repère pour lire vos flux. Une devise en dollars, une traduction anglaise ou une plateforme américaine ne donne pas à elle seule le trajet des marchandises. Demandez où se trouve réellement chaque article au moment où vous organisez sa livraison, et gardez cette information dans votre suivi de stock.
Quelle preuve demander au déclarant après une exportation électronique ?
La fiche de la Douane sur la TVA à l’exportation cite la certification électronique de sortie pour la procédure dématérialisée. Elle distingue cette certification du dépôt de la déclaration. Demandez au déclarant le justificatif de sortie et la référence permettant de le rattacher à votre facture. La création d’une étiquette ou l’attribution d’une référence douanière ne démontre pas encore, à elle seule, la sortie effective.
Créez un statut documentaire distinct du statut logistique : justificatif attendu, reçu ou à clarifier. Le colis peut avancer pendant que vous attendez la pièce, mais votre comptabilité doit retrouver les dossiers incomplets. Désignez qui relance le transporteur ou le représentant en douane. Un message envoyé au service client sans référence de déclaration risque de repartir vers le suivi colis alors que vous demandez une preuve fiscale. Joignez les identifiants nécessaires dès la première demande.
La Douane mentionne aussi des preuves alternatives prévues par l’article 74 de l’annexe III au CGI, notamment certains documents de transport ou justificatifs douaniers du pays de destination. Cette possibilité n’autorise pas à choisir arbitrairement une capture de suivi. Présentez les pièces disponibles et le circuit réel à votre comptable ou au déclarant. La question est de savoir si elles établissent la livraison exportée concernée, pas seulement si elles montrent qu’un paquet a été transporté.
Une CN23 peut-elle servir de justificatif pour une vente postale ?
L’article 74 de l’annexe III au CGI prévoit un exemplaire de la CN23 comme preuve pour les marchandises expédiées par La Poste. Conservez le document correspondant à l’envoi réel, ses références et la facture concernée. N’en faites pas une règle applicable à tous les transporteurs ni à tout service commercialisé par une marque postale. Demandez quelle déclaration et quel circuit ont effectivement été utilisés.
| Situation de votre boutique | Pièce à identifier | Lien à conserver |
|---|---|---|
| Déclaration électronique déposée par votre représentant | Certification de sortie obtenue auprès du déclarant | Référence douanière reliée à la facture et aux articles |
| Marchandises expédiées par La Poste dans le circuit concerné | Exemplaire de CN23 correspondant au départ | Numéro d’envoi et détail de la vente |
| Intermédiaire ou groupage : vous ne figurez pas comme exportateur | Facture visée et annotée selon l’article 74 | Référence de la déclaration couvrant vos marchandises |
| Pièce habituelle indisponible | Preuve alternative pertinente à examiner | Explication du trajet et correspondance avec la vente |
Pour le groupage et certains intermédiaires, l’article 74 prévoit une facture visée par la personne habilitée à déclarer, avec les références de la déclaration correspondante. Ce point mérite une question dès la réservation : quel document recevrez-vous si votre vendeur n’apparaît pas dans la rubrique exportateur ? Vous évitez ainsi de découvrir, après la livraison, une déclaration globale qui ne permet pas de reconnaître vos lignes de facture sans document complémentaire.
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Inscrivez-vous gratuitementComment relier les preuves quand un expéditeur prépare vos commandes ?
Commencez par une règle documentaire : la boutique attribue un identifiant de commande, l’expéditeur lui associe la remise physique et le déclarant y rattache sa référence. Demandez le justificatif dans un format conservable. Un lien de suivi temporaire peut vous aider à informer le client, mais il ne doit pas être votre unique archive. Gardez une copie des documents utiles à côté de la facture, avec les dates et les articles concernés.
Dans le modèle AirPost pour externaliser l’expédition, un expéditeur garde votre stock et prépare les commandes. Définissez ce qu’il doit vous transmettre et ce que votre boutique demande elle-même au transporteur. Le dépôt d’un colis n’attribue pas automatiquement à l’expéditeur tous les rôles fiscaux ou douaniers. Vous pouvez déléguer le travail physique tout en gardant le contrôle des pièces. Le fulfilment peer-to-peer décrit cette organisation du stock.
Calcul de préparation, constantes consultées le 14 octobre 2026 : 2,25 € de rémunération conseillée pour un petit colis + 0,85 € de plateforme = 3,10 €, hors transport et autres frais. Si une même commande part réellement dans deux petits colis préparés séparément à ces montants, la préparation totalise 6,20 €. Ce scénario illustre un calcul, pas un volume observé. Gardez alors les deux références de départ et indiquez quelles lignes chacune couvre.
Cet exemple a une conséquence documentaire : une facture unique peut correspondre à plusieurs mouvements. Un dossier contenant seulement le premier départ ne décrit pas le second. Votre rapprochement doit reconnaître les quantités expédiées, encore en stock et remboursées. Ne cherchez pas à résoudre cet écart en modifiant le contenu déclaré du colis. Corrigez le suivi de la commande et demandez à votre comptable la pièce commerciale appropriée pour toute modification de la vente.
Que faire d’une commande annulée, partielle ou revenue avant sa sortie ?
Retrouvez d’abord les faits : quels biens sont partis, lesquels ont quitté l’Union et lesquels ont été récupérés avant l’exportation ? Une déclaration préparée pour la totalité d’une commande n’est pas une preuve que tous les articles sont sortis. Demandez au déclarant de vérifier la concordance entre la déclaration et le mouvement réel. Transmettez la réponse au comptable avec l’annulation ou l’avoir. Le traitement doit suivre ces événements et leurs pièces, sans appliquer une correction fiscale automatique inventée.
Si une partie a bien été exportée et une autre reste en France, conservez cette distinction dans le dossier. En présence d’un retour depuis les États-Unis, ouvrez une vérification séparée du retour : sa déclaration d’entrée ne réécrit pas simplement la preuve de sortie antérieure. L’objectif est de pouvoir expliquer la chronologie et les montants de la vente. N’effacez pas la première version de la facture pour faire disparaître un mouvement qui a réellement eu lieu.
Où déclarer une exportation exonérée dans votre TVA française ?
La DGFiP indique les exportations hors UE en ligne E1 du formulaire 3310-CA3, 02 du 3517 CA12 ou 01 du 3517-AGR CA12A, selon le régime applicable. Faites utiliser le formulaire de votre entreprise et rapprochez la déclaration de votre comptabilité. Une exonération ne signifie pas que la vente n’existe plus dans vos écritures. Le dossier justificatif doit rester retrouvable à partir des factures comptabilisées dans cette catégorie.
La fin du de minimis américain concerne l’importation américaine. Elle ne supprime pas, à elle seule, les conditions françaises de l’exonération à l’exportation. Dans votre suivi, séparez donc la preuve fiscale française, les frais de dédouanement américain et les éventuelles obligations locales de vente. Présentez ces trois sujets distinctement à vos interlocuteurs. Vous recevrez une réponse exploitable pour chacun, au lieu d’un échange où TVA et droits de douane sont employés comme des synonymes.
Questions fréquentes
Faut-il facturer la TVA française à un particulier aux États-Unis ?
Pour une livraison exportée de France, l’exonération peut s’appliquer avec les preuves requises, même si le client est un particulier. Vérifiez le trajet et le régime fiscal de votre entreprise.
Une facture hors taxe prouve-t-elle l’exportation ?
Elle décrit la vente, mais ne prouve pas seule la sortie des biens. Reliez-la au justificatif correspondant au mouvement réel.
Le suivi livré aux USA suffit-il pour la TVA ?
Ne le considérez pas automatiquement comme suffisant. Identifiez la preuve prévue pour votre procédure ou faites examiner les pièces alternatives disponibles.
Quel document conserver pour un colis La Poste ?
L’article 74 prévoit un exemplaire de CN23 pour le circuit postal concerné. Gardez ses références et la facture, et vérifiez le document utilisé si votre offre passe par un autre circuit.
La fin de la franchise américaine rend-elle la vente taxable en France ?
Pas par ce seul changement. Le traitement à l’importation américaine et la justification de l’exonération française sont deux questions à examiner séparément.
Sources
- Douane française : article 262 I, sortie électronique et preuves alternatives ; consulté le 14 octobre 2026
- DGFiP : exportations B2B/B2C et lignes des déclarations de TVA ; consultation du 14 octobre 2026
- Légifrance : article 74, CN23 et justificatifs des intermédiaires ; consulté le 14 octobre 2026
- DGFiP : territorialité et opérations non taxables ; consulté le 14 octobre 2026
Avant de déposer votre premier lot de stock, convenez avec l’expéditeur du lien entre chaque commande, son départ et les justificatifs à récupérer. Organisez cette préparation dans AirPost.
Préparer un circuit documenté